Prédication :
Matthieu 25 v 14-30 : Les talents
Bien
chers sœurs et frères en Christ,
Quel
homme heureux que celui de notre parabole qui avant de partir en
voyage, place bien son argent. Argent qu’il retrouve avec une
plu-value qui aujourd’hui encore ferait bien des envieux...
puisqu’à son retour son bien avait quasiment doublé!
Oui,
en plus de tous ses talents, cet habile gestionnaire avait assurément
aussi DU talent !
C’est
certainement ce double sens du mot talent désignant à la fois une
grande somme d’argent et une qualité, un don, un charisme (pour
reprendre un autre mot biblique passé dans le langage courant) qui
nous a donné envie de retenir ce texte pour parler de la diaconie
aujourd’hui....
En
effet, tous les paroissiens et responsables d’Eglise savent bien
que, pour que de la diaconie se fasse, il
faut des talents,
entendez par là, de l’argent, des moyens; il faut, investir,
dépenser et risquer de l’argent; comme l’ont fait par exemple
ici à Montbéliard, les plus anciens parmi nous en décidant, en
s’engageant et en travaillant pour construire et faire vivre la
Résidence Surleau, qui accueille et améliore la vie quotidienne de
nombreuses personnes âgées !
Pour
que de la diaconie se fasse, l’argent bien qu’indispensable ne
saurait suffire, il
faut aussi du talent,
c’est à dire des hommes et des femmes talentueux qui mouillent
leurs chemises pour faire vivre et fructifier les projets... au
service du prochain comme on disait autrefois, au service de la
personne comme on dit peut être aujourd’hui !
Sans
être trop long, pour laisser à la fin du culte et moment
d’information, d’échange et de discussion, j’aimerai
simplement énumérer quelques points, quelques enseignements qui me
semble-t-il, se dégagent de cette belle parabole des talents.
L’argent
dont il est question n’appartient pas aux serviteurs, ils auront à
le rendre un jour, au retour du propriétaire, avec les intérêts.
L’argent
est confié à plusieurs serviteurs, 3 ici chez Marc, 10 dans la
version de Luc: tout ne repose pas sur un seul homme : chaque
serviteur fait preuve d’initiative et aura à rendre compte de
choix et engagements. Même si l’un d’entre eux gère mal le bien
qui lui est confié, la vie continue...
Chacun
des serviteurs reçoit selon ses capacités, nous dit le texte, ses
compétences pourrions nous dire: aux uns il sera confié beaucoup et
à d’autres moins. Cependant celui qui aura fait fructifier deux
talents sera autant déclaré bon et fidèle que celui qui s’est vu
confier cinq talents.
L’absence
de l’homme dure longtemps, il appartient donc à tous les
serviteurs d’être bons à moyen et à long terme! car ils peuvent
devoir rendre compte à chaque instant.
L’homme
de bien risque gros et engage une très grosse somme d’argent: les
commentateurs des évangiles nous disent qu’un talent équivaut à
6 voir 10000 deniers c’est à dire autant de journées de travail
(soit environ 440 000 € sur la base du smic soit avec les
congés environs 37 ans de travail) De quoi faire rêver plus d’un
syndicaliste ! On comprend donc un peu mieux la peur du
serviteur à qui l’homme n’a confié qu’un seul talent !
Deux
qualités sont présentes chez les deux premiers serviteurs et font
défaut chez le troisième:
la
notion d’engagement personnel (prendre des initiatives démarcher
les banquiers etc...) et chacun d’entre nous sait qu’aujourd’hui
encore ce n’est pas une mince affaire, il faut de l’énergie,
de l’intelligence et de la pugnacité!
la
notion de l’urgence, du temps précieux: il n’y a pas une minute
à perdre et il faut pouvoir rendre des comptes à chaque instant !
Deux
défauts accablent le mauvais serviteur :
Sa
désobéissance: il n’est pas allé trouver les banquiers pour
placer les biens du maître (voulait-il les garder près de chez
lui, dans son terrain ?)
Sa
paresse: il a caché l’argent et puis c’est tout. Qu’a-t-il
fait pendant tout ce temps ? Il n’a pas osé: le talent qui lui a
été confié est resté caché: personne n’en a profité, même
pas lui !
Ainsi
le maître félicite ceux qui ont su prendre des risques... calculés.
Ils se sont appliqués et impliqués pour faire travailler et
fructifier l’argent.
Le
troisième serviteur manquait certainement d’amour et d’engagement,
mais aussi de confiance envers celui qui lui confie l’argent, mais
peut être aussi envers lui même...
Tout
au long de cette parabole, j’ai eu tendance à appeler notre homme
Maître, mais le texte ne le dis pas. Qui donc est ce maître ?
C’est en tous cas celui qui vient et à qui il faut rendre les
comptes. La parabole peut nous laisser croire, peut être même veut
nous dire que justement cet homme du début de la parabole, n’est
pas le Maître, le propriétaire des talents qui sont confiés.
Ce
qui entraine une dynamique intéressante: si nous voulons ressembler
à ces bons serviteurs, ce n’est pas pour obtenir la satisfaction
ou la reconnaissance de celui qui nous confie l’argent, mais pour
rester fidèle au Maître, c’est à dire à Dieu qui met ses biens
au service des humains...
Et
pour terminer, l’idée que cet homme dans notre parabole des
talents, cela peut aussi être moi, toi, nous, tous ensemble avec
d’autres me plait bien....
Ainsi
donc, à la fois homme ou femme talentueux et serviteur, nous sommes
invités à passer à l’action ....encore un mot à double
sens !!!!! mais ne nous trompons pas d’action:
Notre
texte d’évangile vieux de près de deux mile ans est d’une
actualité surprenante qui nous rappelle que contrairement au grain,
qui est vivant et qui doit mourir à lui même pour porter du fruit,
l’argent n’est pas vivant, il n’est pas fait pour être
enterré, caché, il est fait pour circuler, aller et venir,
faciliter la vie, construire des projets, certes parfois fatigants et
risqués, mais qui procurent et à tous, pour la gloire de Dieu
beaucoup de joie et de dignité....
Amen !
Culte
Consistorial Thème
diaconie H.F.
22 mars 2009 r |